Bref historique de Masevaux

Une origine légendaire.

L'histoire de Masevaux maintes fois évoquée par les historiens locaux remonte au VIIIe siècle et prend naissance au pied d'un rocher insolite, appelé le Ringelstein ou Schlossfelse, qui se dresse à l'entrée est de Masevaux, sur la rive droite de la Doller, au milieu de verts pâturages.

La vallée était probablement déjà peuplée avant les celtes, soit 4000 à 3000ans avant J.C, mais les premières agglomérations ne se sont constituées qu'avec l'arrivée de peuplades venues des pays du Danube. Les romains, les Francs et les Alamans ont apporté leur langue, leurs coutumes et leurs traditions religieuses. Les premiers habitants ont occupé les flancs de montagnes, comme en témoignent les villages ou groupes de maisons disparus lors de la guerre de trente ans et qui se situaient en hauteur et près des forêts, ainsi le village de Hülsen était situé probablement sur les hauteurs sud de Masevaux.

Si notre rocher tutélaire du Ringelstein, au sommet duquel se trouve un puits taillé dans le roc, pouvait parler, il témoignerais d'un somptueux château appartenant à un comte nommé Mason ou Maso. À en croire la tradition,Attich ou Atticus, duc d'Alsace et de Souabe, père de sainte Odile, aurait légué, à sa mort en 699, ses terres d'Alsace à ses petits fils ou neveux, dont Eberhard et Mason 

 Visite de la ville de Masevaux, chef-lieu du canton

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L'entrée sud-est de la ville au pied du Ringelstein

La légende nous apprend que le château et les dépendances du comte Mason se prolongeaient jusque sur les rives de la Doller. Mais vers l'an 778, un grand malheur vient frapper le comte: son fils unique et seul héritier, âgé de 8 ans, se noie dans la rivière. Cet accident frappe à tel point le père qu'il renonce aux biens de ce monde. Voulant donné une digne sépulture à son enfant et confier la garde de son corpsà de vertueuses cénobites, il fait construire une chapelle dédié à saint - Jean et fonde un monastère de bénédictines qui, au fil des siècles, sera transformé en chapitre de dames nobles, tandis que la petite chapelle Saint-Jean sera agrandie et fera place à l'église abbatiale placée sous le vocable de Saint-Léger.

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L'hotel de ville

Si les archives ne mentionnent pas l'existence du comte de Mason, le monastère par contre est attesté dès 780 par un document où apparaît le nom de Masunvilare  (cité de Mason, qui donnera Masevaux) et où il est dit qu'un nommé Adam, fils de Haynard demeurant à Worms mais qui à pour patrie l'heureuse Alsace féconde en vignoble à copié pour Charlemagne un ouvrage en latin ( l'Ars grammatica ) de Diomède, écrivain du IVe siècle, et qu'en échange le roi lui a offert l'abbaye de Masevaux. Par ailleurs, dans le traité de Meersen, de l'an 870, qui énumère diverses fondations religieuses, le ( Masonis monasterium) est cité.

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Le siège de la communauté de communes de la Doller et du vallon du Soultzbach

Abbaye et églises

L'abbaye qui serait à l'origine de la ville connaît des années de prospérité, mais aussi des années sombres. Sa juridictions'étend sur toute la vallée et même au-delà dans le Sundgau, mais ne pouvant se défendre contre les incursions des bandes de toute espèce qui ravageaient ses biens, elle doit chercher

protection auprès d'un seigneur appelé son avoué. C'est ainsi que dès le XIè siecle, l'abbaye doit accepter la tutelle des seigneurs successifs qui s'empressent de la déposséder de ses biens.

La 36ème et dernière abbesse, Xavière de Ferrette, fait appel à Jean-Baptiste Kléber, architecte et futur général de Napoléon 1er, pour réaliser la magnifique cour du chapitre ( voir ci-dessous ) donnant ainsi plus de lustre à l'abbaye  et plus de confort aux chanoinesses. Mais avec la révolution française qui éclate en 1789, tous les biens de l'abbaye millénaire sont mis en vente.Il en est de même avec l'église abbatiale Saint Léger qui est mise sous séquestre et vendu comme bien national. Le 11 août 1859, elle est la proie des flammes et sera démolie. Du bâtiment, il ne reste aujourd'hui que le coeur devenu le siège de la communauté de communes de la vallée de la Doller et du Soulzbach        ( voir photo ci-dessus)     


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La cour du chapitre

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La place du marché

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La place du marché

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Et encore la place du marché

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Jours de marché à Masevaux

 

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La salle polyvalente

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Le terrain de foot-ball

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L'entrée du camping municipale

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Le camping de Masevaux

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La vie est belle à Masevaux

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La piscine inter-communale

 

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L'église St Martin qui à été ravagé par un violent incendie en 1966

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La grande cloche de l'église St Martin victime de l'incendie

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L'ancienne église Saint-Martin hors les murs

 L'église Saint Martin hors les murs a disparu également du paysage depuis plusieurs siècles. Il s'agit de l'église paroissiale de Masevaux située à l'extérieur des remparts de la ville, à l'endroit même du cimetière supérieur actuel. Pour certains historiens, sa construction pourrait remonter au VIIIè siècle, peut être même avant la fondation de l'abbaye, et être au centre d'un village disparu. Pour y accéder, les habitants devaient franchir la porte Saint Martin.

Au fil du temps, ce sanctuaire menaçait ruine. En outre, il devenait trop petit pour accueillir les fidèles de Sickert, Niederbruck, Lauw et Bourbach le haut, qui à l'époque faisaient partie de la paroisse de Masevaux.

Mal située de surcroît, l'églis est démolie en 1786. Les matériaux utilisables servent d'ailleurs à la construction de la nouvelle église Saint -Martin intra muros. De la vielle église hors les murs, il reste la pierre tombale des seigneurs de Rosen - Rothembourg, scellée dans le transept de l'église actuelle, et sur laquelle est gravé un texte en latin dont voici la traduction. << Ici repose dans l'attende de la résurrection le Très Haut et illustre Seigneur Nicolas Frédéric de Rothenbourg, Seigneur de Beunitz, de Masevaux et Dietviller, maître de camp de Sa Majesté très chrétienne. Il remit son âme à dieu le28 avril 1716 , à l'age de 89 ans. Son illustre et très pieuse épouse Anne Jeanne comtesse de Rosen, fille aînée du Très Haut Seigneur Conrad de Rosen, autrefois Maréchal de France, commandant des ordres suprêmes de sa Majesté très chrétienne, mourut le 17 avril 1737. Elle avait fait élever ce monument tumulaire à son digne époux en y faisant graver la présente inscription. Qu'il repose en paix >>

La nouvelle église Saint - Martin.

        La pose de la première pierre a lieu le 23 juillet 1787. Le chantier avance rapidement sous la conduite de l'entreprneur en maçonnerie et en même temps bourgmester de Masevaux, Marc joseph Bettwiller. Il a l'entière confiance de l'assemblée des prévôts et magistrats et obtient même un crédit supplémentaire. Seulement le 28 avril 1789, le syndic de la ville informe le président du bureau intermédiaire du district de Belfort que le bâtiment de la nouvelle église paroissiale menace ruine du coté de la tour.

Les travaux s'arrêtent le 27 décembre 1790, alors que le bâtiment est sous toit et le clocher à mi -  hauteur. Les deux experts dépêchés, Meinrad Strolz et Jean Baptiste Kleber, qui ne sont pas des inconnus à Masevaux, pour avoir construit l'hotel de ville et la cour du chapitre, rendent leur verdict sans appel: la tour doit être démoli pour être reconstruite. Un malheur ne vient jamais seul, dit-on: à présent la révolution gronde, les caisses sont vides et l'entrepreneur et bourgmestre se suicide.

Pendant 49 ans, le chantier inachevé de l'église ne connaît aucune reprise. Le bâtiment, peu entretenu, sert de dépôt de planches, de grange, de salle de théâtre, de cirque et même d'entrpôt d'armes et de poudre. Les maire successifs alertent la préfecture de l'état de dégradation du bâtiment et du manque de moyens pour y faire face. Le maire Germain Girol en réponse à une lettre du sous-préfet, considère le 17 mai 1819 que la mauvaise construction de la tour ôte à la ville tout espoir de pouvoir achevé l'église et qu'en laissant subsisté cette tour dans l'état actuel, elle se dégradera journellement d'avantage et que les murs de l'intérieur tout en moellons, lavé par la pluie et battue par les vents menacent d'écrouler entièrement et doivent faire craindre des accidents. Les conseillers municipaux ne sont plus d'accord avec la reconstruction. Les uns préconisent même un nouvel emplacement, la cour du château de Rosen et les autres demandent d'aménager l'église Saint Léger qui est à cette époque d'église paroissiale. Le 31 octobre 1838, le conseil municipal vote enfin le devis de la reconstruction de l'église présenté par l'architecte masopolitain Jean-François Kuen,devis qui se monta 148 442 F. Le dimanche 29 septembre 1839, à eu lieu la cérémonie solennelle de la pose de la 1er pierre de la nouvelle tour.

Les Remparts

C'est en 1368 que l'archiduc d'Autriche autorisa les bourgeois de Masevaux à construire des remparts autour de la ville. De cette double enceinte, il reste actuellement des traces: tour de la sorcière, tourelle dans la cour de l'école des remparts, fragments de murs et du fossé.

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Une des tourelles ( tourelle des pêcheurs) vestiges des remparts de la ville de Masevaux


Je tiens personnellement à remercié

Monsieur René Limacher vice président de la société d'histoire auteur du texte ainsi que le président de la dite société Jean-Marie Ehret, pour ce document mis gracieusement à ma disposition.

Merci à vous